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Ils bâtissent un château fort
L'aventure Guédelon
Au coeur de la Puisaye, dans l'Yonne en Bourgogne, une cinquantaine d'oeuvriers relèvent un défi hors norme : construire aujourd'hui un château fort selon les techniques et avec les matériaux utilisés au Moyen Âge.
Au milieu d'un espace naturel mettant à disposition toutes les matières premières nécessaires à la construction : pierre, bois, terre, sable, argile...des carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgeron, tuiliers, charretiers, vannier, cordier... bâtissent jour après jour un véritable château fort sous les yeux de milliers de visiteurs.
Ce chantier, débuté en 1997, devrait durer environ 25 ans.
L'intérêt majeur d'une telle aventure réside dans l'observation des différentes phases de travaux. Chaque étape de construction est unique et constitue un événement en soi.
Quel que soit le créneau de réflexion retenu pour aborder ce chantier, Guédelon répond à bien des attentes de l'homme du XXIème siècle.
Guédelon est un chantier scientifique, historique, pédagogique, touristique et humain.
Devant le château en construction, vous pourrez déguster des mets d'inspiration médiévale :
Les écuelles du chantier : 9,50 €
Le forgeron : oeufs brouillés, saucisses fumées et gésiers confits à l'ail.
Le carrier : jambon et gigot grillés aux châtaignes et romarin.
Le vannier : poissons épicés et fumés aux choux à l'origan.
Les ripailles :
Le barbouillis : 4 € bouillon de viandes et volailles aux petits légumes et épices.
L'étal du rôtisseur : 12 € poulet, jarret de porc et saucisse fumée rôtis aux épices et leurs légumes d'antan.
L'écuelle fraîcheur du charretier : 12 € crudités, viande froide, terrine de poisson et mousse de légumes, fromage et fruit de saison.
Afin de fonder l'aventure de Guédelon, des jalons historiques et chronologiques ont du être posés. Au démarrage du chantier, nous sommes en 1228. Louis IX, futur Saint-Louis, vient d'être sacré Roi à Reims. Mais trop jeune pour régner, c'est sa mère Blanche de Castille qui assure la régence du royaume jusqu'en 1235.
Localement, la Puisaye est sous le contrôle du baron Jean de Toucy. Elle est encadrée au sud-est par le comté d'Auxerre-Nevers sous l'autorité de Mahaut de
Courtenay et au nord par le Gâtinais capétien. A l'aube de la sixième croisade, la Puisaye se trouve alors dans une période de relative tranquillité.

Aucun vestige, aucune ruine, aucun bâtiment existant. Le futur château de Guédelon est une pure création utilisant les canons architecturaux instaurés par Philippe-Auguste aux XIIè et XIIIè siècle.
Philippe-Auguste, roi de France de 1180 à 1223, est à l'origine d'une standardisation de l'architecture militaire des châteaux dans les territoires philippiens. Les châteaux du Louvre à Paris, de Yèvre-le-Châtel dans le Loiret ou localement celui de Ratilly ou de Druyes-les-Belles-Fontaines dans l'Yonne en sont quelques exemples.
Un château dit philippien se caractérise de la façon suivante : un plan polygonal constitué de hautes courtines maçonnées dont les bases sont souvent talutées ; au pied de ces courtines, un fossé sec, des tours d'angle cylindriques munies d'archères à ébrasement simple et disposées en quinconce suivant les niveaux ; une tour d'angle, plus haute et plus grosse : la tour maîtresse, un châtelet entre deux tours défensif à l'entrée.
A cette période, Philippe-Auguste avait initié par le biais de traités, d'alliances et de mariages une politique capétienne d'expansion durable. Ce qui justifie
l'adoption en terre icaunaise d'un modèle architectural francilien et non pas bourguignon.
Le commanditaire du château de Guédelon, Guilbert, serait un petit seigneur, vassal du seigneur de Ratilly, lui-même vassal du seigneur de Perreuse, qui est à son tour vassal du Baron de Toucy.
Son suzerain vient de lui donner l'autorisation de construire son château.
Son statut assez modeste dans la hiérarchie féodale et ses moyens financiers limités, l'incitent à faire ériger un « petit » château, loin des dimensions royales des châteaux du Louvre à Paris ou de Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne. On parlera alors de château-résidence pour évoquer Guédelon.

